Confettis, drapeaux arc-en-ciel et techno poussée à fond, la Marche des Fiertés a rassemblé les défenseurs de la cause homosexuelle dans les rues de Rennes samedi.
Quarante ans après les émeutes de Greenwich village qui ont marqué le début des revendications des homosexuels pour leurs droits, et 16 ans après une première « Gay Pride » rennaise où quelque 40 manifestants avançaient masqués, la Marche des Fiertés portait bien son nom, samedi dans les rues de Rennes.
Près de deux mille personnes, dont seule une petite minorité s'était travestie, ont marché pour revendiquer le droit tout simple de la liberté sexuelle. « Tout simplement le respect de l'article 1 de la Déclaration des droits de l'Homme, qui prévoit que les hommes naissent libres et égaux en droit et en dignité », rappelle Kelig Sicard, président du CGLBT, le Centre gay, lesbien, bi et trans de Rennes.
Organisateur de la marche avec des commerçants et d'autres associations, le CGLBT a choisi de partir cette année de l'esplanade De Gaulle, symbole de « la nouvelle place des cultures, entre le cinéma, les Champs Libres, le 4bis, bref, au coeur de la nouvelle ville » pour rejoindre le Thabor où s'était installé le village associatif et ses stands d'information (prévention avec Aides, homoparentalité avec Les Enfants d'Arc-en-Ciel, information pour les parents d'homosexuels avec Contact, etc). La journée « festive et militante » devait se terminer pour beaucoup au Jardin Moderne où avait lieu pour la deuxième année la soirée Fiertés LGBT.
Soutien de la Ville
Parmi les manifestants samedi, nombreux étaient les hétérosexuels venus témoigner leur soutien. Ainsi Margaux, qui juge anormal que les homosexuels « n'aient pas le droit de se marier ni d'adopter », et qui travaille de près ses camarades étudiants, « pas tous très ouverts », dit-elle d'un euphémisme souriant.
Le maire de Rennes avait aussi tenu à assurer la Marche de son soutien, à la fois en signant un billet dans la brochure Fiertés, et en déléguant son adjointe en charge de l'égalité des droits Marie-Anne Chapdelaine. « Je viens témoigner de l'engagement de la Ville de Rennes, a ainsi insisté l'adjointe. Nous souscrivons entièrement au slogan « Aimez qui vous voulez, en toute égalité ». Si, en 2009, on ne peut pas aimer qui on veut !... » Elle rappelle que la Ville subventionne le CLGBT, mais aussi que le conseil municipal vient de voter un plan de lutte contre les discriminations sexuelles « ou « amoureuses », comme beaucoup préfèrent désormais le dire ici ». Rendez-vous à la rentrée pour connaître le détail des actions envisagées.
++ Vos photos de la Marche des Fiertés !